mercredi 31 août 2011

A deux, c’est deux fois plus fort !

Je vous présente Matthew. Sujet de sa Majesté la Reine, Matthew aime comme la plupart des anglais boire une bonne bière, regarder de près les voitures anciennes (surtout british), « vivre » les 24 heurs Mans, enfin il ne refuse jamais de taper dans un ballon (il me fait penser à Paul Scholes…). Bref Matthew est anglais et fier de l’être mais sa vie est 100% french : Sa femme, ses enfants, sa maison, son boulot…Matthew avait une idée, un rêve qui lui trottait dans la tête comme ces choses que l’on veut faire au moins une fois de son vivant : courir un marathon aux alentours de 40 ans. Une lecture assidue de mon blog a fait le reste. Totalement excité (Matthew,  je peux utiliser ce terme ?) par mon « run » New-yorkais, il a été le premier à me dire : « Trop bien, moi aussi je veux faire ça ! On s’inscrit ou ? ». Et nous nous sommes inscrits pour Berlin.

Vivre ce genre d’aventure à deux est passionnant. C’est un vrai challenge que d’emmener quelqu’un dans sa roue, dans sa foulée. Nous prenons du plaisir à partager nos entrainements et nos efforts. Je tente de lui faire profiter de ma modeste expérience et lui distille tous les conseils et astuces que j’estime nécessaires. Bref tout ce dont je n’ai pas profité moi-même quand je m’entrainais seul et un peu « à la sensation » comme on dit. Le voir progresser (1H45 à la course « Paris St Germain » s’il vous plait !) fait de moi un « Coach » fier et confiant pour ce qui l’attend. Franchir la ligne d’arrivée du Marathon sera pour Matthew un vrai bonheur et j’aurai aussi ma petite part de bonheur par procuration. Emmener quelqu’un au 42eme kilomètre est une très belle et noble mission. C’est terriblement excitant (Matthew, je peux dire ça non?) de se préparer soi-même à une telle épreuve et de transmettre sa passion à quelqu’un qui s’y frotte pour le première fois. Double aventure, double plaisir !

Matthew, il nous reste 6 semaines (dont 2 semaines de vacances ensemble au Pouliguen!) d’efforts et de sacrifices (ce qui représente environ 260 kms à courir) mais déjà je pense que tu entrevois positivement la chose. Je t’ai déjà fait part de la plupart de mes trucs et astuces pour gagner en rythme et en endurance et tu es un élève appliqué qui assimile et progresse vite (ce sport est génial pour ça !). Je vais continuer à nous préparer et nous serons deux vraies « Machines » le jour J…La plage de La Baule et la côte sauvage vont en voir de toutes les couleurs, le débarquement franco-anglais est imminent! Terribly exciting… (May I say that Matthew?).

Bonjour chez vous!

mercredi 27 juillet 2011

Happy Birthday Runner!

Il y a 42 ans on marchait sur la Lune,
moi je cours sur la Terre!
Aujourd’hui j’ai tous les droits y compris celui de me souhaiter à moi-même un joyeux anniversaire ! Je me suis offert une petite séance de footing dans le parc de l’observatoire de Meudon, seul en tête à tête avec ma Capitale légèrement dans la brume. Un moment délicieux. Du soleil sur mon corps, dans ma tête. Mon passage à Chamonix m’a laissé un très bon souvenir et un rythme cardiaque anormalement bas. Doit-on déjà y voir l’effet Trail ? Mon corps est à 100% et c’est tant mieux avec ce qui l’attend avec ces huit semaines de préparation pour Berlin. Ce marathon tombe vraiment bien car pour être prêt fin septembre tu peux correctement planifier une prépa durant l’été. Que tu coures matin ou soir, il fait jour et pas trop froid. Durant les congés, il est encore plus facile de trouver une harmonie « sportive » et « familiale ». Idéal quoi.

Entrer dans une préparation Marathon a quelque chose de particulier que j’apprécie vraiment. Tout est planifié, c’est quasi militaire. Tout a une place précise et tout est fait pour servir l’objectif. Je rentre dans une bulle et me soucie un peu moins de la misère, de la violence ou de la bêtise humaine qui passionnent toujours autant nos média. Je revendique un statut de « non informé » donc un certain droit au bonheur de ne pas savoir quelles atrocités on a commis ici ou là. Et puis je sais très bien que je retrouverai tout cela dans 8 semaines malheureusement…mais cette trêve constitue mon précaire « paradis sans mauvaises nouvelles » et c’est bon pour mon mental.

8 semaines à tout noter, préparer et calculer. A la façon d’un  ingénieur de la NASA, je me plais à estimer ma vitesse moyenne, fixer mes paliers, les rythmes intermédiaires, tester les diverses barres et boissons énergétiques pour ne pas avoir de défaillance le jour « J », me peser régulièrement, commenter toutes mes sorties, y déceler certains risques et prévoir les parades salutaires…Bref ne rien laisser au hasard et mettre toutes ses chances de son côté. C’est un peu comme se mettre dans la peau d’un athlète de haut niveau pendant 8 semaines tout en restant un humble amateur un peu rêveur…

Je consacrerai mon prochain post à vous présenter mon ami Matthew, un coureur en passe de devenir « serial runner » mais surtout marathonien ce dont il rêve depuis quand ? depuis qu’il me lit !...J’ai fait au moins un adepte !

Vive le sport et les émotions qu’il fait vivre en nous.
Bonjour chez vous !

lundi 27 juin 2011

"Mont Blanc" mode d'emploi: des crampes et des larmes!



28 ans après en avoir fait le sommet, me voici de retour à "Cham" pour ce fameux Cross qui me tenait tant à coeur. Je rassure mes lecteurs, c'est chose faite mais ce Trail restera la course la plus difficile et douloureuse de ma vie! Le Cross du Mont-Blanc est une course des plus exigeantes (je ne parle même pas du Marathon qui avait lieu le lendemain...). J'avais sous-estimé la préparation qu'il est nécessaire de suivre pour venir courir ici. Les plats sont quasi inexistants, les ruptures de pente sont trés fortes et imposent un rythme cardiaque trés élevé. On s'entend  tout le temps respirer. Les coureurs se muent en marcheurs car les pentes ne se prêtent pas à la course. On n'est pas dans la gentille "côte des gardes de Meudon" ici, on est en Montagne! Heureusement les paysages mettent du baume au coeur. Côté spectateurs et supporters c'est pas la grosse foule de New York, ca reste convivial et surtout respectueux de l'effort engagé. On traverse deux trés beaux jolis villages d'alpage avec ses vaches un brin curieuses de voir une file indienne de coureurs multicolors. On enjambe quelques ruisseaux et les parties en sous bois apportent une fraicheur bienvenue.

Qu'elle est belle la Montagne!

Mon gros problème a été l'apparition précoce de crampes (mollets, cuisses, ischio, la totale!) un peu avant le deuxième ravito. Avec les ruptures de pente, les douleurs sont devenues aigues et m'ont arraché des cris de douleurs (ce que je n'avais jamais expérimenté en course et ce qu'il ne faut en théorie jamais vivre). N'en pouvant plus, j'ai du m'arrêter à deux reprises pour "négocier" avec mon corps: "Laisse moi finir je t'en supplie!". Et il m'a écouté...une fois de plus.

Le trail en montagne est l'expérience ultime! Pas ou peu de zone de "repos", le coureur est toujours à fond (même en marchant dans les pentes) et se doit d'être trés vigilant car le parcours est rempli de pièges (racines, pierres, roches, vide/précipice...). J'ai bien failli me "gaméler" une bonne dizaine de fois car mes jambes étaient de plus en plus lourdes et je n'avais plus la fraicheur de ma première heure. Tu perds en lucidité, tu fais d'autres choix plus économes en énergie mais qui peuvent t'amener à la "faute" (un coureur a lourdement chuté dérrière moi). En trail, ne double pas qui veut. Les sentiers de rando sont faits pour se croiser entre randonneurs mais pas pour des colonnes de coureurs furieux. Bref le marathon des "villes" comme Berlin me semble tout à coup un truc facile...un truc bien "fun"!

 
Nicolas Pianet, vous ne connaissez pas?
Il n'a pas l'air comme ça mais c'est le vainqueur 2011
du Marathon du Mont Blanc, bouclé en 3H54...
Elles sont ou les caméras de "Stade 2"
pour interviewer un sportif, un vrai!

Le dernier kilomètre m'a tout pris. Les crampes allaient, partaient, revenaient. Deux coureurs, que j'appelerai des "Saint Bernard", m'ont donné le petit "coup de pouce" dont j'avais besoin pour finir debout et digne. La ligne franchie, j'ai chialé. Ces larmes étaient vraiment délicieuses car venir ici n'était pas gagné (déchirure, faible préparation) et pourtant je l'ai fait et fort bien d'ailleurs : 3H18 de course; 485eme au général/ 1650 et 128eme dans ma catégorie. Faire le Mont-Blanc restera l'expérience de course la plus forte (peut être plus fort que New York! c'est dit), la plus extrême qu'il m'est été donné de vivre. Je suis admiratif de savoir que d'autres s'alignent sur 42 kms avec 2.5kms D+...Je crois en être incapable même entrainé. Il faut savoir juger et reconnaitre ses propres limites. Je crois que je viens de découvrir les miennes.
  

Naturellement je ne serai jamais un "kenyen des Alpes", ni Kilian JORNET (l'extra terrestre du Trail) mais je veux revenir ici en étant sérieusement préparé. I was born to run, but am I made for Trail? A part of me stayed in Cham. Aussitôt qu'une course se termine, il y a toujours une autre ligne d'arrivée à franchir. Allez suivez-moi, nous avons encore tant à explorer! Chamonix, notre histoire ne fait que commencer. Berlin, prépares toi à prendre une grosse fessée!

L'arrivée à Planpraz

Bilan de course
Ce que j'avais: un mental à toute épreuve, votre soutien/amitié et pas grand chose d'autre...
Ce qu'il m'a clairement manqué : les vrais jambes, une préparation rigoureuse, une diététique adaptée, 3 kgs de trop, l'expérience "Trail" en montagne.


Pour fêter ça, je me suis accordé un peu de bon temps: quelques bières et un magnifique vol en parapente. Bonjour chez vous!

Le cimetière de Chamonix et le Mont-Blanc
qui veille sur celles et ceux que la Montagne
a rendu légendaires mais souvent
au prix de leur propre vie...
Marco "l'étoile filante", à jamais endormi dans son Everest.

samedi 18 juin 2011

Objectif Mont-Blanc!

J-4 pour le Cross du Mont-Blanc! Je suis à peine remis d'une petite déchirure et surtout peu préparé mais l'envie de participer à mon premier vrai Trail l'emporte. Je veux en être! Ce sera dur car j'ai à peine 2 séances de course avec léger dénivelé en 15 jours...Rassurez-vous j'ai compensé avec de la piscine (800/900 mètres séance) et j'ai prévu de recourir au moins deux fois d'ici là. La difficulté réside dans le bon dosage car à trop s'entrainer on risque de se blesser de nouveau. L'édition 2011 des 24H du Mans m'a laissé de beaux souvenirs mais m'a fait boire et manger vraiment n'importe quoi...Mon objectif est de finir avec le sourire. Ce 23kms avec 1400 mètres en D+ devrait me prendre au bas mot 3H30. Ce sera une expérience totalement nouvelle et magique au pied de la plus belle de nos montagnes. Le course "nature" est en train de vivre une vraie révolution car il y a de plus en plus d'adeptes (et pas que des fondus type UTMB et Diagonale des Fous...) qui privilégient ce type de terrain plus softs (donc moins traumatisants) et offrent souvent des panoramas à couper le souffle. A vivre donc. Et en parlant d'endurance, voici un petit film qui témoigne de la formidable opportunité qui m'a été offerte de vivre à bord d'une Porsche GT3 le matin même des 24H sur le vrai circuit! 3 tours à fond  avec le pilote-propriétaire (merci Christophe!) à faire la course avec d'autres. Les amateurs apprécieront.
Bonjour chez vous!

lundi 30 mai 2011

Un nouveau champion est né!

Je tenais à féliciter mon ami Matthew qui a brillé lors de la 3ème édition de "Paris-Saint-Germain la Course".
1H45'01'' pas une seconde de plus! Beau temps et bon classement dans ce 20 kms trés exigeant qui finit par une côte ou la plupart des coureurs finissent en marchant...Le syndrome course se propage et plutôt bien d'ailleurs! Et moi me direz-vous? Eh bien j'ai préféré "coacher" que courir en raison d'une micro déchirure. On ne badine pas avec son corps. Matthew m'accompagne à Berlin. A ce rythme, on se demande bien qui de nous deux va faire le meilleur chrono. Well done Matthew! Je tacherai de lui donner de temps à autre la plume de ce blog pour que vous puissez bénéficier d'échos, d'avis et d'impressions plus larges.
Bonjour chez vous!

lundi 21 février 2011

Reprise!

Ca y est ! Back in the tracks !J'ai repris la course à pied après 1 mois et demi d'arrêt complet. C'est bien aussi de faire autre chose et de revenir avec de grosses envies. Le plaisir est intact, des semelles toutes neuves, des chaussures presque neuves aussi : on va tout déchirer! Et j'ai déjà des images mentales qui me viennent assez facilement pour mes deux "étapes 2011". Je me vois déjà sur le mini trail du Mont Blanc avec des vues à couper le souffle et des odeurs de montagnes sortant de l'hiver. Ensuite j'imagine tout plein de frissons lors du franchissement de la porte de Brandebourg à Berlin...Patience, la saison ne fait que commencer mais elle est prometteuse. Allez, suivez-moi, je vous emmène vivre tout cela.