mardi 27 octobre 2015

Ici c'est Cassis!

La "dream team" s'aggrandit!
Je réveille ce blog un peu « en sommeil » pour vous relater ma dernière course à pied : « Marseille Cassis 2015 ». C’est toujours un week-end riche en émotions qui fait la part belle au sport mais aussi au plaisir d’être ensemble de prendre du bon temps. L’avantage de courir un 20 kms est qu’on relâcher un peu sa garde…A nous les plaisirs de la table à Marseille ou ailleurs. Mes amis participants sont tous arrivés avec des entrainements plus ou moins suivis. Pour ma part j’avais assez peu couru sauf avec les « Dunes » en septembre. Katell, dont c’était la première course sur 20kms (et pas des moindres) ne savait pas trop quoi attendre. L’enthousiasme fait parfois place au stress quand on manque de repère, quand on ne sait pas dans quoi on se jette. Matthew, plus expérimenté, n’avait pas d’appréhension sur la distance mais plutôt des questions orientées sur les difficultés ou les zones « rapides » pour bâtir une tactique afin de s’imposer à la course et non pas la subir. Cette course a la particularité, rappelons-le, de monter sur 10 kms (+327 D+) pour ensuite descendre (parfois franchement) sur 10 bornes. Se savoir « grimpeur » ou « descendeur » est donc fondamental pour imaginer les zones où l’on va normalement être capable d’imposer à son corps d’augmenter le régime. Delphine, en bonne locale, en était à sa septième participation. Une telle expérience permet de maitriser tous les petits dangers et risques d’erreurs que le novice risque de commettre. Enfin, Fabrice qui nous arrivait des bonnes alpes suisses, était lui dans les conditions du leader incontesté (1H34 en 2014) et incontestable…

La veille de course nous avons fait un décrassage « entre hommes » sur un parcours magnifique dans  les calanques d’Aubagne. Question vitesse, nous avons aussi pu profiter et jouir des performances brutales et assourdissantes d’une belle sportive italienne (je parle d’une voiture là…). Samedi soir c’était la traditionnelle « pasta party » accompagnée d’un très bon magnum de vin…Tous les détails étaient réglés pour le lendemain en tenant compte du changement d’heure. Après avoir imaginé très sérieusement l’extraction par voie de mer (n'est-ce pas François? le grand absent pour cause de convalescence de cette édition 2015), nous avons opté pour une extraction plus classique en déposant la veille un véhicule sur un parking situé au nord de Cassis ce qui, notez bien, rajoute minimum 3 kms après en avoir couru 20 !

Jour J, nos gentils accompagnateurs nous déposent à proximité du Vélodrome ou l’on peut immortaliser cette scène surréaliste d’un parisien affichant fièrement les couleurs de son club sur la pelouse du Vél !



La vedette du Vélodrome...tout me monde veut poser avec moi :-)

Ici c'est PARIS!

On ressort aussitôt des artères de ce stade sans avoir assisté au moindre match mais avec une délicieuse sensation pour le supp parisien que je suis. Notre groupe éclate car certains rejoignent des SAS préférentiels (-1H30/-1H45). C’est la traditionnelle attente avant le départ. Elle va durer près de 45 minutes ce qui peut paraitre assez long. On tente de rester chaud sous un vieux vêtement ou sous un sac poubelle qu’on jettera au tout dernier moment. On souhaite, pour ceux dont c’est le baptême, que les choses se passent bien. Ca enlèverait presque un peu de pression. « Top départ » et le ruban humain se met en mouvement. Le premier kilomètre est assez compacte et il faut chercher sur les côtés pour trouver une trajectoire à peu près fluide. Passé le premier, les kilos défilent jusqu’au 5ème ou les choses sérieuses commencent. La montée au col de la Gineste me coûte beaucoup cette année et je sais depuis le début que ce ne sera pas mon jour. Pire, passé le col, des douleurs musculaires me guettent et m’avertissent gentiment que toute accélération ou mouvement inconsidéré risquerait de ma mettre « hors course ». J’ai mal aux tendons, ça tire méchamment dans les mollets, j’ai de vrais débuts de crampes et j’ai parfois la tête qui tourne…je joue à « cache-cache » avec les meneurs d’allure « 1H45 » tantôt je les dépasse, tantôt ils me dépassent. Il me reste 5 kilomètres et je mets en mode gestion des ressources. Chaque kilo me rapproche un peu plus de l’objectif, pas faire d’erreur, ne pas chuter et enfin ne plus s’arrêter en marchant aux ravitos par peur de ne plus repartir. Flamme rouge, c’est gagné ! Il n’y aura pas de record mais cette gestion de course me rappelle un peu New-York 2013 ! Passage de la ligne, j’embrasse l’écusson de mon beau maillot parisien (ce qui m’aura valu au final plus de soutiens que de railleries il faut le dire !!).
La ligne d'arrivée au marseille cassis ligne d'arrivée au marseille cassis Si vous regardez à partir de la 51’20’’ vous verrez passer un maillot noir avec moi dedans!!

Magic 7! Tous victorieux tous radieux! 
La suite est mythique. Tout coureur ayant déjà participé au « Marseille Cassis » connait par avance ce que je vais écrire. La récompense ultime c’est bien cette baignade en ce dimanche 25 octobre. Cryothérapie et/ou vrai plaisir, qu’importe… le bonheur est dans l’eau ! Le groupe se reforme petit à petit sur la plage au gré des arrivées des coureurs. « Alors… t’as fait combien ? ». Tout le monde savoure et partage sa perf sous le doux soleil méditerranéen, les pieds (voir plus) dans l’eau et la tête au paradis des coureurs.
3 heures plus tard (oui c’est long l’extraction à Cassis !!), douchés, changés  nous voici à table en train de déguster dans le jardin toutes sortes de pizzas magnifiquement assorties à de bons breuvages choisis par Philippe. Olivier nous a préparé une merveille de pâtisserie. C’est ça aussi le bonheur d’après course !


Ca c'est CASSIS!

 
 
 
 
 
 
 


Le podium et perfs 2015
Fabrice, l’étoile filante de Genève : 1H26 ! C’est du très très costaud (690eme au général) mais ça récompense une prépa sérieuse et l’hygiène de vie qui va avec

Olivier n’excelle pas qu’en pâtisserie: 1H41 à 3 semaines du marathon d’Istanbul, Bravo !
Votre serviteur : 1H42 talonné de très près par Matthew. Content mais je repars avec une belle tendinite qui m’empêche encore, à l’heure où j’écris ces lignes, d’aller chercher un verre d’eau au bureau en moins de 15’’…(distance à couvrir 6 mètres !).

Matthew : mon chrono auquel vous ajoutez 20 grosses secondes. « L’élève » va bientôt dépasser le « maitre » sans le moindre respect…inquiétant.

Delphine : C’est la perf du jour du côté des féminines en 1H46 ! Oui vous lisez bien. 4 petites minutes nous séparent seulement. En clair avec un SAS et un bon entrainement, elle pourrait bien me doubler l’an prochain…mais ça n’arrivera pas ! Et dans 3 semaines elle court le marathon d’Istanbul, même pas mal !
Edith : 1H49 et donc un bel objectif atteint! Serait-ce grâce à la séance d'hypnose du Professeur Kite?


Katell : reine d’un jour pour un chrono de rêve pour son premier 20 kms au MC : 1H57 ! Championne et facile à l’arrivée. Je vais réclamer des tests anti dopage ou m’aligner sur sa conso de Gatosport.

 Et pendant ce temps là, minou s'essaie à la moto...

mardi 31 mars 2015

Lila petit ange...

Petit texte bouleversant de ma fille au sujet de la disparation de ma petite nièce. Je ne trouvais pas les mots, Anna les a trouvé pour moi...

"Les adieux. Nous envoyons des fleurs commes nous envoyons des bisous au ciel pour Lila. Notre ange tout puissant. Mais il est encore vivant, on ressent son âme résonner dans la notre. Des photos gravées dans notre coeur et toujours résonneront des sentiments qui viendront du ciel. les oiseaux feront passer le message. A tout jamais la vie de Lila sera comme ça et continuera. La vie d'ange reste céleste. Lila est partie en éclaireur " Anna.    

mercredi 14 janvier 2015

Une marche et après?

Dimanche dernier, comme des centaines de milliers de français, nous avons participé à la marche républicaine que l'histoire qualifiera naturellement d'historique. Marcher ensemble dans un calme inoui avec un profond respect au rythme de quelques salves d'appaudissements et de "Marseillaise" et sans appels partisans restera un moment unique et trop are. L'énorme cortége humain avançant avec douceur et détermination aura eu raison de la barbarie et du crime au moins le temps d'une après-midi . Les français auront fini par se souvenir qu'ils sont protégés par des hommes et des femmes pour qui "protéger, servir et dissuader" signifie vraiment quelque chose! Ces mêmes français vont bientôt découvrir qu'il existe aussi une armée de "réserve opérationnelle" qui renforce et soulage déjà les corps d'active avec le même professionnalisme et volonté d'engagement. Mais marcher ne suffit pas…

Je reste dubitatif sur les actions que nos dirigeants s’apprêtent à prendre. Traiter les conséquences et refuser de voir les causes risque de ne pas calmer les menaces dont nous sommes l’objet. Le terrorisme se nourrit et exploite une misère lointaine que peu de français connaissent. Ceux qui aspiraient à une vie meilleure et qui n’espèrent plus rien sont illuminés par le mythe de la Révolution. Inculture, confusion et peur sont nos ennemis et nous empêchent de nous protéger des fous de Djihad téléguidés comme de vrais jouets. Les fondamentalistes récupèrent ceux dont plus personne ne veut et se chargent de les endoctriner. Nous assistons totalement impuissants à un retour du « romantisme » révolutionnaire comme l’avait tragiquement incarné les brigades rouges ou Action Directe dans les années 70. Difficile d’échapper au sort qu’on nous promet et prédit. Retarder l’irréparable ou empêcher l’horreur dépend essentiellement des actions de nos forces de police et sécurité qui luttent contre des groupes et des menaces asymétriques et de mieux en mieux dissimulées. Eradiquer de façon définitive la volonté de nuire à notre république est quelque chose auquel nous n’assisterons malheureusement pas de notre vivant. L’ogre économique chinois a été brutalement balayé par l’islamiste fondamentaliste au hit-parade de nos peurs.

Je plains nos enfants qui vivent dans un monde ou l’information est devenue spectacle, ou le temps de l’analyse et du discernement sont balayés par la violence sourde et digitale du « twit » idiot et sans recul qui vient s’empiler tel un gobelet jetable à côté d’une fontaine à eau. Aussitôt publié, aussitôt oublié.

Je plains nos enfants à qui on transmet une Histoire contemporaine souvent travestie pour soit disant « mieux vivre ensemble » mais qui finit par faire de vrais dégâts. Ne pas enseigner avec transparence notre Histoire devrait être considéré comme un délit car il prive une génération entière de sa mémoire et de vrais repères. La lutte contre l’obscurantisme et l’ignorance devraient mobiliser des moyens comparables voir plus importants que le contre-terrorisme.

Je plains les enseignants qui chaque jour sont confrontés à des élèves qui insultent notre république et leur crachent au visage quand ils prennent faits et causes pour des assassins qu’ils soutiennent comme ils l’auraient fait pour une banale équipe de foot… Cette deuxième blessure morale  fait presque aussi mal que la première.

Si nous avons décidé enfin d’ouvrir les yeux, il faut accepter de ne pas les refermer trop vite. Il faudra accepter de vivre avec ce que nous allons découvrir peu à peu et prendre conscience de nos véritables faiblesses. Dans un pays ou presque chacun dispose de "tout", ou presque personne n’a vraiment "faim", qui est chez nous véritablement prêt à défendre ses idées et sa vision du monde au risque d’y perdre la vie ? Personne, pas une seule âme vaillante en tout en cas équilibrée au sens médical s’entend. Les individus qui veulent nous nuire sont eux totalement « préparés » à mourir pour leurs idées et cela fait une différence énorme qu’aucun budget (même important) au service de nos forces ne pourra résoudre totalement.

Un ami malien (CDT en chef de l’armée de l’air malienne) me confie depuis plus de 5 ans la relative impuissance de son pays à combattre et endiguer les organisations terroristes qui prospèrent au nord Mali en plein désert. Certaines populations Touaregs se radicalisent et sèment le chaos. La France, harcelée par ces nouvelles menaces (notamment Aqmi) a fini par se résoudre à intervenir dans une région presque aussi grande que la France à moins de 3000 kms à vol d’oiseau de nos frontières…Un combat qui enregistre certes ses premières victoires mais qui reste dramatiquement colossal et ce bien avant un certain 7 janvier et le tristement célèbre Charlie…  

mardi 28 octobre 2014

Tous victorieux!

Un peu de tourisme avant l'effort
« Marseille Cassis » une très belle course à laquelle il est de plus en plus difficile de participer. Les dossards (15 000) s’arrachent en une heure et ce chaque année !! Le tracé de cette course à pied légendaire est plutôt exigeant et ne s’offre pas au premier venu. Il est d’ailleurs à déplorer chaque année des « incidents coureurs » en raison d’une prépa trop légère voire inexistante ! Mais revenons à cette belle fête du sport. Avant de prendre part au départ, les organisateurs ont eu la bonne idée cette année de nous faire traverser le vélodrome en foulant sa pelouse. J’ai bien sûr immortalisé ce moment  avec mon tee shirt du PSG sans me laisser impressionner par le cadre de ce stade refait à neuf et qui doit désormais bien vibrer les soirs de match.
Un parisien sur la pelouse du Vel!



Une "équipe de rêve" presque complète
Alignés assez tardivement avec mes amis coureurs nous n’avons pas pu jouir d’un départ très fluide. Fabrice qui m’accompagnait jusqu’au premier ravito (km 6), a du comme moi bataillé ferme pour avancer à notre juste rythme. Nous étions surtout contraints de courir sur les bordures pour dépasser des coureurs plus lents. Mon tee shirt PSG a eu son petit effet comme je m’y attendais. J’étais trop rapide pour ces marseillais qui étaient bien incapables de revenir sur moi à l’image de leur équipe qui perd des points en ce moment. Fallait pas énerver le parisien !





Un ruban humain de 20 kms, un parcours devenu légendaire.
La montée au col de la Gineste impose une bonne gestion de l’effort car ça grimpe bien durant 6 kms. Les allures en prennent un sacré coup pour certains. J’en vois même marcher…L’arrivée au col ressemble un peu à une course cycliste ou on se met ensuite en mode descente. On passe d’une vitesse à 9/10 km/heure à plus de 13/14. Ce qu’il faut bien comprendre c’est cette alternance de sollicitation des muscles. A la montée c’est du concentrique (peu d’espaces et de mouvements entre chaque jambe) alors qu’on est excentrique à la descente (la foulée s’allonge). J'ai la quasi certitude depuis le km 5 que mon objectif 1H35 ne se fera pas aujourd’hui. Trop de coureurs à dépasser et autant d’à-coups qui puisent dans mon stock d’énergie. Je me concentre sur ma descente et me sens plutôt bien. Je profite du paysage, de la vue sur les calanques et j’imagine déjà la mer, pas loin... tout près.
Km 15, Ici c'est presque PARIS!
L’arrivée commence à se confirmer avec le rond point au km 17. C’est aussi dans cette zone qu’on assiste à quelques défaillances de coureurs qui ont trop flirté avec la zone rouge. Les deux dernières bornes ressemblent plus à une arrivée du tour de France qu’à de la course à pied. Des centaines de spectateurs sont massés derrière des barrières de sécurité et usent enfin de la voix. Nous sommes dans les rues, à la base déjà peu étroites de Cassis et l’ambiance monte encore d’un cran. La foule hurle, s’enthousiasme et nous soutient sur ce dernier kilomètre. Doubler devient difficile sinon dangereux en raison des barrières et de l’espace réduit. Dans un dernier virage, le port se révèle entièrement, la ligne est à 300 mètres. Franchie la ligne, je suis tout excité à l’idée d’aller profiter de la vraie et seule récompense qui s’offre à moi : un bain de mer un 26 octobre, ça n’a pas de prix !

Dédicace à Minou qui est restée à attendre pendant 4H dans la voiture. C’est un sacrifice pour faciliter l’extraction des coureurs car l’accès à proximité de Cassis ce jour là est cauchemardesque ! D’ailleurs une extraction "par la mer" fait son chemin et nous chatouille franchement (projet 2015).
Merci aussi à mon « préparateur mental » (qui se reconnaitra) qui m’a délivré les bons messages aux bons moments. Ca aussi ça n’a pas de prix !

Classement des coureurs engagés:
1er Fabrice 1H34'42'' (compte tenu des conditions de course, c'est une véritable performance croyez-moi!)
2eme votre serviteur 1H39'06'' (satisfait car j'aurai droit à un SAS -1H40 l'année prochaine)
3eme François 1h50'07'' (tranquille le François pour qui c'était comme moi la deuxième participation)
4eme Delphine 1H52'31'' (la première féminine! peu entrainée et même pas mal!)
5eme Philippe 2H13'17'' (pas entrainé et à peine remis d'un accident de moto, moi je dis Bravo!)

2015, une autre victoire nous attend. Nous serons là!     

mardi 8 avril 2014

Une 6ème étoile

Au run Expo avec Matt.
Que dire et que retenir de mon sixième marathon ? Il a fait beau et chaud. La chaleur n’est pas mon allié et il a fallu beaucoup s’hydrater et s’asperger d’eau. Une casquette aurait pu être m’offrir un peu de fraicheur. Mes temps au kilomètre ont été très réguliers et homogènes : entre 4’45 et 4’55 jusqu’au 35ème. C’est donc là que s’est situé mon « mur ». J’ai pu voir mes enfants à l’endroit prévu et cela m’a vraiment fait du bien ! Une belle ambiance durant ces 42 kilomètres mis à part le bois de boulogne ou tu souffres dans l’ignorance et l’anonymat le plus total ! Je n’avais pas totalement oublié ce tracé et beaucoup d’images de mon édition 2009 me sont revenues. L’apport des bénévoles est important et il faut saluer leur engagement et disponibilité. Sans eux pas de course ! Il est toujours sympathique de courir avec autant de nationalités diverses. Beaucoup d’étrangers étaient venus conquérir Paris. J’ai discuté aves quelques espagnols, américains, néo-zélandais, Suédois, italiens, brésiliens…

Veillée d'armes. Tenues en position.
Dès le 25eme les choses sérieuses commencent. Le tunnel des tuileries (interminable) marque une limite virtuelle au-delà de laquelle l’abandon peut raisonnablement être écarté quelque soit le coureur et son niveau. Passé le 29ème un panneau s’adresse au coureurs et dit un truc du genre : « vous étiez venu voir la tour Eiffel, eh bien là voilà ! ». Pas besoin du panneau pour savoir qu’elle est là bien sûr mais je tourne quand même la tête et je regarde cette grande « dame de fer ». Elle rayonne sous le soleil, elle est en forme, elle est belle ! Maintenant ce qui compte le plus c’est de retrouver les miens au Km 32. A force d’explications et de dessins, je me suis bien fait comprendre et j’arrive donc à les trouver pile poil à l’endroit prévu. Quel bonheur mais très rapide car je sens qu’il sera difficile de repartir. Km 33, un couple de copains m’encourage. Km 35 d’autres visages familiers, puis plus rien…
Je rentre dans le bois de boulogne et son « désert ». Cette zone  est comme aseptisée, nettoyée de tout spectateur comme s’il y rodait un quelconque danger, un virus mortel ? Il reste moins de 5 bornes et tout le monde serre les dents. Je suis incapable de relancer, j’attends patiemment la fin. J’économise mes gestes, je pense à bien respirer. Mon cerveau a pris le relai, il connait sa mission, il va encore l’honorer. « PNC, dernier virage », mon avion guette maintenant sa piste d’atterrissage.  « Ce sera piste Foch » « Reçu ». Porte Dauphine,  la foule est là ! Et quelle foule ! Bien compacte et  au bord de la crise de nerfs, cette marée humaine attend ses héros anonymes, ses maris et femmes qui veulent en finir, ses copains-copines qui ont promis de le terminer, bref elle est là et elle scrute avec compassion et admiration nos corps légèrement désarticulés, nos pauvres carcasses qui ont « mangé » sur 42 kilomètres.

« Dossard 21258 j’ai un visuel, vous pouvez vous poser » « Bien reçu ». 200 mètres…ligne d’arrivée, finish. Avant cela, j’embrasse le sol de Paris. C’est devenu une petite tradition…En franchissant la ligne je ne ressens pas autant d’émotions qu’à l’accoutumée.  Un peu déçu de ne pas avoir ma dose de larmes et de joie, cette fois c’est plus intérieur, je l’accepte. Un peu détaché, je félicite les coureurs « finishers », mes frères, ma famille. Paris 2014 était pour moi un très bon cru et comme promis le champagne sera servi!
 
1 marathon et 2 annivs à célébrer!! On avait délocalisé le "Pacha Club" au Vésinet...
Les temps des coureurs/amis engagés :
  • Fabrice 3H27’03’’ (dommage ces 3’’…)
  • Votre serviteur 3H28’
  • Matt 03H47’ (une méchante ampoule et 15’ de perdus ! 10 semaines d’entrainement un peu gâchées par une ampoule…c’est dur mais c’est aussi ça le marathon, cruel)
  • Olivier 3H59’ (problèmes gastriques et finish au courage! A plus de 65 ans chapeau très bas !!)
  • Delphine 4H01’ (dur sur la fin… une prépa pas facile faut bien dire. Promis, elle prendra sa revanche au « Marseille Cassis » !)
  • François 4H08’ (le potentiel pour repasser sous les 4H est pourtant là, alors ?).
  • Jean-Marc 4H53’ (toujours présent!) 

vendredi 4 avril 2014

Même pas mal!!



Désolé, pas réussi à la mettre droite celle-là...
Départ du Marathon dans 01 jour 15H 05 min
La pression qui monte...

mercredi 2 avril 2014

L’enfer du dimanche…

En attendant de vivre ce pourquoi nous nous sommes tant entrainés, la dernière semaine offre un repos relatif au marathonien. L’occasion de préparer dans les moindres détails sa course et celle aussi de faire un petit bilan chiffré : Près de 30 séances d’entrainement,  environ 380kms courus, 1 séance d’ostéopathie, 2 tubes de Voltarène (très raisonnable…), 5 sorties collectives et 13 jours d’arrêt.

La tenue pour le grand Bal de NY
 « C’est dimanche le grand bal et je n’ai rien à me mettre ! » La tenue du coureur ne s’improvise pas : chaussettes spéciales par-dessus une crème anti frottements (ca préserve  normalement des ampoules, manchons de compression au niveau des mollets (devenus très à la mode + 50% des coureurs en mettent aujourd’hui), short spécial course, ceinture avec gourdes (2)  et gels (8) , tee-shirt  (après avoir mis un peu de crème là ou ça frotte !), cardio-fréquencemètre, chrono of course,  poignets éponge avec petit mémo des temps au 5/10/15/21/25/30/35/40kms; bandana et bonnet (selon météo) ; brassard avec MP3 chargé (pour la dernière heure) et bien sûr un dossard bien accroché. En complément chaque coureur bien intentionné prévoit des vêtements et/ou sacs poubelles qu’il  jettera au  moment du départ et qui permettront au coureur de garder un corps chaud.
"Paris Marathon" ou comment relier d'est en ouest les deux "poumons" de Paris
Durant cette dernière ligne droite, il faut reposer son corps mais le garder sous tension. 3 petites séances allégées pour qu’il reste en alerte sans pour autant puiser dans ses réserves. Le sommeil cette dernière semaine est aussi une des clefs du succès. Vient aussi le temps de la préparation mentale ou l’on essayera de visualiser le parcours comme un descendeur à skis. On se projette km après km et on tente d’imaginer les obstacles,  les parties plus rapides, là ou on peut perdre du temps…

Paris présente deux dangers : le départ en descente sur les Champs Elysées ou dans l’euphorie du départ on peut vite se cramer et ses sous-terrain qu’on descend puis qu’on remonte ! Un coureur averti en vaut deux.
J-4, on se couche en appliquant une crème anti frottements à ses pieds et en recouvrant ces derniers d’une paire de chaussettes (plus sexy tu meurs !).  On boit durant 3 jours à intervalles réguliers une boisson qui augmente nos réserves en glycogène. Bref on est déjà de façon inconsciente ou non dans la course. On garde ses habitudes (bonnes ou mauvaises soient-elles) et petits rituels jusqu’au coup de canon sonnant le départ, on ne change rien. Enfin la veille c’est « Gatosport Party » qui a avantageusement remplacé les pâtes mais beaucoup moins sympa à avaler… La dernière nuit est toujours difficile. Le sommeil est dur à trouver car le corps ressent l’excitation, l’envie d’y aller. Dix semaines qu’il attend ça, il faut que ce moment vienne, que l’histoire s’écrive et qu’il en fasse partie. Il n’est nulle question de peur ou d’appréhension quand on s’est entrainé correctement sans réelle interruption. L’expérience et le mental sont des capitaux précieux pour le marathonien qui saura réagir à pas mal de circonstances.

Hier, je croisais des « fous » qui couraient plus de 20kms et je me disais que jamais je ne réussirai un tel pari, une telle audace, un tel dépassement de soi. Aujourd’hui, j’en rigole presque…Plus d’un septennat de sueur, de performances et d’expériences ont façonné mon cuir et mon armure. El Nino est prêt et il a hâte que la fête commence !