Pour ma dernière sortie longue (3H), je me suis offert un beau décor et un merveilleux parcours : les "25 bosses" de Fontainebleau. Certes c'est pas la même proximité que le bois de Meudon mais ça vaut franchement le déplacement. Des rochers, du sable, de belles forêts le tout sous un beau soleil pas trop piquant, le rêve! Dès l'arrivée, de bon matin, au parking de la croix St Jérôme (idéalement situé à 300 mètres du tracé), j'aperçois des trailers aguerris en grande tenue. Ça me rassure, je suis au bon endroit. Le novice que je suis ose se renseigner auprès d'un petit groupe qui semble être sur le point de partir. "Ouais c'est bien là. T'as qu'à nous suivre, on va te mettre sur le parcours". Merci les gars mais question rythme je ne vais pas pouvoir vous suivre très longtemps à cette allure. La petite escadrille des 3 trailers que j'essaie de suivre va bon train et l'un d'entre eux en est même à sa deuxième rotation sur les "25 bosses"!! Le ton est donné, je suis dans le royaume francilien du Trail. On double tour à tour deux petits groupes. J'observe mes ouvreurs. Ils courent en mode super léger, genre "on aura fini dans 2 heures". Déjà 15 minutes que j'essaie de les suivre et tout d'un coup plus rien.... Mais ou sont-ils passés? "Eh Oh, les gars?". Je ne vais quand même pas utiliser mon sifflet de détresse ça ferait trop amateur mais faut bien constater que je suis perdu pour de bon.
Plus un bruit, c'est atrocement calme. Aucun signe de vie des deux petits groupes déjà doublés. Je m'en remets à mon sens de l'orientation (bien plus développé que celui de Nathalie, ah ah ah). Je finis par trouver des marquages bleu. Ce n'est pas bon du tout car les "25 bosses" c'est rouge ou rien. Bon, je me considère comme "définitivement perdu" et je m'apprête à revenir sur mes traces quand je croise mon "saint Bernard", un trailer solitaire encadré par ses deux chiens. "Tu es sur le circuit du Belvédère, je vais te remettre sur le rouge". Le chien "ouvreur" connait la trace par cœur, un modèle! Je suis désormais assez chaud pour suivre à peu n'importe quel rythme et mon nouveau copain trailer (de Melun si j'ai bien compris) a une allure qui me convient. Je profite enfin du paysage et du parcours, je me régale!Un peu plus loin, on se sépare, je suis sur le parcours rouge de nouveau, merci l'ami! Comment décrire les "25 bosses"? C'est assez technique et plutôt proche de ce qu'on rencontre en moyenne montagne : rochers, racines, conifères, petits sentiers et beaux dénivelés! A part l'altitude et la végétation très présente, peu de différences. Parfois on croise des randonneurs ou bien des porteurs de gros matelas bien épais pliés en deux...Les "Sherpas" de Fontainebleau sont en réalité des grimpeurs qui s'essayent sur des rochers de toutes tailles et installent pour leur sécurité des matelas au pied des rochers pour leur sécurité.
Déjà quelques bosses de franchies et je commence à m'aguerrir dans la reconnaissance du tracé. Enfin presque...car repérer les petites traces rouge n'est pas si évident. Les peintres n'ont pas eu assez de peinture ou quoi?
Je me fais un nouveau copain de fortune car comme moi il passe le plus clair de son temps à chasser le tracé. Je remarque que certains s’accommodent un peu du parcours en contournant légèrement le haut des bosses (donc la partie la plus difficile). A l'inverse je veux ressentir pleinement ce parcours et être dans le respect le plus complet du tracé. En clair je veux m'offrir le maximum de dénivelé.Ce site valait bien une heure de "bagnole" comme je le dis dans l'un des mini films ci-après postés. Je ressens quasiment les mêmes sensations qu'en montagne. Les pierres et les racines apparentes offrent mille raisons de "partir dans le décor" et mon compagnon de course s'est joliment "vautré" sous mes yeux. Plus l'heure tourne et plus on croise de randonneurs de tous âges. Le sommet de certaines bosses sont assez techniques. Il faut parfois laisser glisser son corps entre deux rochers ou enjamber un vide. Les prises d'appui dans les descentes ne doivent pas être hésitantes. Mes bras me sont très utiles pour maintenir parfois mon équilibre. La fatigue guette le coureur dont les pieds ont petit à petit tendance à vouloir "caresser" les racines...
Deux heures de course à mon actif et je constate que mon co-équipier ne boit pas et ne consomme rien. "Tu ne prends rien?" Non me dit-il j'essaye de courir à bloc! Là encore j'ai des choses à apprendre car puiser dans ses réserves fait visiblement partie de son entrainement pendant que moi je me gloutonne un deuxième gel énergétique en plus du litre de boisson isotonique déjà bu. Un autre monde.
Mal nulle part, mon corps répond bien et je réalise que cette sortie marque la fin de mes neuf semaines d'entrainement sur douze. Mon compagnon de trail me quitte. Il est garé à un autre parking. On se sert la main et on se dit qu'on se reverra peut-être ici ou ailleurs. Je retourne à ma solitude du départ. Il me reste trois bons kilomètres mais ici on compte en bosses! Quatre bosses plus loin donc, j'atteins le chemin qui mène au parking. Je décide de l'ignorer royalement car je veux repasser par l'endroit ou je suis littéralement sorti du tracé. Je me dis que ça pourrait m'être utile car j'ai bien l'intention de revenir ici seul ou accompagné. Il est midi passé et il y a de plus en plus de monde. Je visualise l'endroit précis ou j'ai "merdé". Ma "reco" est terminée, demi tour. Je me laisse aller jusqu'au parking. "PNC, dernier virage". 3H25 de bonheur, 1600 kal de perdus, 21.5kms d'avalés et du D+ en pagaille...Il y avait mille raisons de chuter mais surtout mille raisons de venir ici. Veni Vidi Traili!
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| Le Tracé en "ROUGE"! |
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| Le profil en D+ du tracé, comptez, il y a bien 25 bosses! |


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