vendredi 8 décembre 2017

Je reçois ton souffle

Mon "Marathon Man" a cessé de respirer. L'homme dont j'ai voulu suivre les foulées n'est plus. Il a franchi sa dernière ligne d'arrivée et jusqu'au dernier moment il est resté maitre de sa vie. Je reçois donc son "relais" et espère le porter le plus longtemps possible sur tous les terrains ou mes jambes et mon souffle pourront m'amener. Et je continuerai, j'en suis sûr, d'entendre cette petite voix durant mes entrainements solitaires "vas y, encore un peu, continues comme ça...".
VA - NY - Kerjouano.    

vendredi 10 novembre 2017

Une revanche, un triomphe et un record!

The big four ou "Special 15-15" réuni!
Les mots me manquaient. Je ne savais pas quoi écrire. Encore sur mon nuage...l'édition 2017 du marathon de New York restera pour moi un très grand moment à plus d'un titre! J'ai été payé de la plus belle des manières après une préparation certes exigeante mais réalisable. J'ai développé de la confiance, connu quelques petits "bobos" mais j'ai fini fort. Je me répétais souvent durant mes entrainements "I'm strong, I'm fast!", bref je sentais être promis à une bonne performance. J'ai texté la veille "quelque chose va arriver..." car j'étais confiant dans ma capacité à taper mon record (3H26 à Berlin) mais de là à descendre sous les 3H20...compte tenu de ce que vous allez découvrir plus bas, non vraiment pas! Êtes-vous prêts à revivre cet exploit et à partager l'intimité de ma performance? Alors remontons le temps!

Biz Bed expérience! Merci Kian!
Paris Orly, mercredi 1er novembre. J'ai droit à un traitement VIP à mon arrivée au comptoir de British Airways. Mon ami Kian a passé des consignes qui vont au délà des mes espérances (accompagnement jusqu'au Lounge puis surclassement en Biz Bed!). A mon arrivée à Newark, je suis presque aussi frais qu'au décollage, du jamais vu! Merci Kian! J'arrive dans Manhattan et suis saisi comme d'habitude par la hauteur des buildings. Les parfums sucrés/salés des kiosques des vendeurs ambulants parviennent à mes narines, les sirènes des véhicules de police hurlent...bienvenue à NY!

Le lendemain commence de la plus belle manière avec un décrassage dans Central Park et bien entendu au "Réservoir". Central Park est naturellement aux couleurs du marathon. Barrières, drapeaux, tribunes, ligne d'arrivée...tout est fin prêt pour dimanche. Cela fait aussi grandir notre excitation. Il n'y a pas de meilleur moment que celui là. Quand tu sors d'une prépa de 2 mois et demi et que tu cours au Réservoir avec des centaines de joggeurs venus du monde entier, tu réalises ô combien la chance d’être là. Le reste de la matinée est consacrée au retrait des dossards dans le Jacobin center. C'est la grande messe commerciale ou "New Balance" a mis le paquet pour nous faire cracher quelques dollars et ça marche! Il fait chaud à NY et l'on retrouve vite en teeshirt. Tout serait parfait si je ne ressentais pas une douleur au tibia droit depuis deux bonnes heures. Mais qu'est ce donc que ça? Nous déambulons dans NY, visitons "one world observatory" (Liberty Tower) puis allons faire un tout sur le Brooklyn bridge envahi par les touristes et marathoniens. De retour à l'hôtel, je décide de "traiter" mon problème au tibia qui ne s'arrange pas. Aspirine + glace, on verra bien demain...
Sans danger...

I LOVE Réservoir!

Vendredi matin. La nuit a été compliquée malgré la mélatonine fraichement achetée. J'ai fait l'erreur de surfer sur le net pour rechercher l'origine de mon trauma au tibia: Périostite Tibiale! Les avis et conseils formulés ont l'air unanimes : stopper toute activité physique...Glups! et je vais faire  comment moi pour courir dimanche? Honnêtement j'ai encore plus mal que la veille. Marcher est déjà un peu douloureux... alors courir? Dès le petit déjeuner, mes amis sentent bien que je suis tracassé, à juste titre, par ce tibia. On allège un peu le programme, on favorise au maximum le métro, bref on tente de  mettre les chances de mon côté. Vendredi soir, match NBA au Madison Square Garden. L'ambiance du match me fait complètement oublier mon tibia. On passe une belle soirée en attendant la traditionnelle course de 5 kilomètres (ONU Dash Run) qui a lieu le lendemain. Normalement c'est un gentil warm up pour les coureurs venus des 4 coins du Monde mais pour moi cela va ressembler à un test couperet : ça passe ou pas...double dose de mélatonine!
Madison Square!

Go KNICKS Go!

All set!
Samedi matin, je suis un peu tendu mais je vais vite savoir. Nous quittons l'hôtel en compagnie de nombreux français venus courir le marathon. La plupart sont des novices et certains courent même leur tout premier marathon. On trottine à peine, donc difficile de se faire une idée. Arrivés à Times Square on rejoint pas loin de 200 coureurs français pour la traditionnelle photo souvenir. Clic clac et avant vers Grand Central Station. Bon, faut que je sache là, parce qu'on fait quasiment que marcher. Sur la 42eme qui mène à l'ONU, je place deux trois accélérations légèrement soutenues. Ça fait mal mais c'est assez gérable. Est-ce que la douleur va s'amplifier au fil des kilomètres? On intègre notre SAS de départ. Bon soyons clairs, il n'y a strictement jamais eu d'enjeu sportif lors de cette course. Il s'agit de profiter d'un moment de convivialité entre coureurs étrangers. Le départ est enfin donné! Je cours, ça tient ! Ça chauffe mais j'ai malgré tout de bonnes sensations. Pour mieux me rassurer je me mets sur mon rythme marathon (4'40'' au kilo soit un petit 13km/h), ça tient toujours. Je fais de nombreux aller retour vers mes amis car je cours évidemment trop vite. Logiquement je ne devrai pas m'imposer ce rythme la veille d'un marathon mais là, il y a comme une urgence à savoir si le mal est profond ou non. On s'offre un final à 4 sur la ligne d'arrivée. J'ai retrouvé un mental d'acier car je sens la chose possible. Plus de doutes, je serai de la partie demain! L'excitation qui était retombée vendredi est repartie de plus belle! Je jubile littéralement à l'idée de "pouvoir" courir demain.
4 coureurs et 5 kms pour se rassurer! You have a GO!

La journée s'enchaine à merveille. J'assiste à un match parfait du PSG à Angers (victoire 5 - 0) depuis le repère des supporters parisiens exilés à NY (Legends Bar sur la 33eme). La "petite bière" devant le match ne me manque même pas. En sortant, je m'offre un Wendys vite fait bien fait au pied de l'Empire State.
Magic and quiet time on the "High line"


Dans l'après midi nous faisons une petite promenade sur la High Line. On y croise pas mal de coureurs venus comme nous s'oxygéner un peu avant la course. Le temps est incroyablement doux. Dernier rayon de soleil face à l'Hudson River, il est temps de rejoindre l'hôtel et d'y préparer la "Pasta Party" agrémentée du Gatosport cuit dans l'après midi. J'ai prévu un film "docu" sur le running qui s'intitule "Free to run". Film qui retrace notamment le combat de certaines femmes qui ont du lutter sévèrement pour avoir le droit de courir aux côtés des hommes plutôt que de courir dans leur cuisine...On y voit aussi le développement et ascension irrésistibles de Fred Lebow et de son marathon de NY. Ces images nous inspirent. 21H30 dispersion dans nos chambres. 23H je ne dors pas. Comme je sais qu'on gagne une heure cette nuit, j'ai moins de scrupules. Le réveil est réglé à 4H30. 1H30 (nouvelle heure) j'ouvre un œil. Pendant trois heures je ne vais pas vraiment dormir. Je ressens trop l'évènement, impossible donc de me rendormir mais ça n'a aucune importance car la dernière nuit ne compte jamais, parole de marathonien!

Dimanche 5 novembre, NY s'éveille. Il fait encore nuit. Je descends petit déjeuner, enfin finir mon gatosport en compagnie de mes amis. Edith, après une alerte gastrique, va beaucoup mieux. Moi, j'ai un sourire aux lèvres qui ne me quitte pas. Je sens quelque chose arriver...Rien ne pourra se mettre en travers de mon chemin. Les cars démarrent selon un ballet parfaitement rodé et nous déposent au Fort Wadforth. L'attente va durer plus de deux heures. On s'allonge sur un tas de paille qui isole nos corps du sol froid. Edith a cette réflexion amusante: "tu claques près de 3000€ pour venir à NY et tu finis dans la paille!". Selon une source, le salaire médian des américains qui participent au marathon est de 100 000 $ annuels. Et tout ce beau monde finit comme nous... dans la paille!
Dimanche 4H30, let's Rock!

9H50 - Verrazano Bridge - Le canon des marines tonne deux fois, Boum Boum c'est parti! Le pont est long (3 kms), surtout ne pas partir trop vite et garder la tête froide malgré les nombreux hélicos qui te survolent (NYPD, CBS, Média...), le vent qui forcit et mes jambes qui sortent de trois heures d'attente statique. Passé le pont, on pénètre dans Brooklyn ou l'accueil est dingue! J'avais oublié que les américains ne faisaient pas les choses à moitié : ils brandissent des pancartes dont les messages s'adressent à tous, ils te hurlent dessus, actionnent des cloches qui tintent par centaines, crient "Allez la France!", te disent que tu "look awesome!", bref ça braille tellement que tu ne peux même pas entendre ton MP3! Mon rythme est parfaitement calé avec mon objectif initial, les kilos défilent en 4'40'' voir un peu moins. 5, 10, 15, 20 bornes très propres, pas de douleurs trop fortes. Arrivé sur le Queensboro bridge les choses se corsent sérieusement car mon rythme chute dans cette montée assez sévère...5'40'' au kilo!! serait-ce déjà le mur? Autour de moi, les visages sont un peu plus fermés, la plupart sont dans le dur. Cette portion est très silencieuse car totalement dépourvue de spectateurs. Puis la rumeur se fait entendre à nouveau car on s'approche de la 1ere avenue. Ma vitesse redécolle, le passage du pont était un simple avertissement sans frais. J'enquille les 7 bornes de la 1ere avenue sans faillir et toujours sur le bon "pace time". Au 35 ème, je sens que je fournis un peu plus d'efforts pour maintenir le rythme mais rien d'insurmontable. Les new-yorkais nous soutiennent comme si leur vie en dépendait, totalement incroyable! Sans mentir, j'ai du entendre au moins 1000 fois les new-yorkais me dire "Go France, Silian ou allez France!". Tu ne peux pas tous les remercier, alors tu tapes dans leurs mains de temps en temps et ça me donne un surplus d'énergie. J'ai beaucoup de mal à comprendre ceux qui disent qu'on ne vient pas à NY pour "faire un chrono"...Bien au contraire! Avec une foule aussi hystérique, comment veux tu ne pas tout donner? Et je donne beaucoup. Je sens qu'aujourd'hui je peux accomplir la course parfaite, sans aucune sensation de "mur", à un rythme maitrisé jusqu'au dernier kilomètre, le run le plus abouti de ma vie, c'est aujourd'hui! Alors oui je suis un peu dans le dur dans la montée de central park ou un idiot (le même à chaque fois?) hurle à qui veut l'entendre "one more mile to go!" alors qu'il en reste au moins 3 assho...! Vient enfin mon moment de grâce. Sur ma droite je laisse le "réservoir" pour courir sur un ruban légèrement vallonné. Il ne reste plus que deux kilomètres. Je profite d'une première petite descente et je constate que je double un paquet de coureurs. Je m'offre même un kilo en 4'30'' alors qu'on est au 41 ème! Amazing. 42eme, je continue d'en doubler un paquet, j'arrive sur les derniers 400 mètres entouré des drapeaux de tous les pays. La ligne d'arrivée approche. Avant de faire ma "célébration" habituelle, je lève la tête au ciel et adresse un message aux deux êtres chers à qui j'ai pensé à chaque kilomètre (Dad and Jef) et qui m'ont bien accompagné. Je pense aussi à mes grands-mères..."je suis un gars de Sèvres moi! On me la fait pas!". Je m'allonge sur le sol et embrasse le bitume. Je repars les bras tendus et franchis la ligne. 3H18'08''! Boum! Moment de joie intense, mon corps continue d'avancer tout seul alors que les "Finishers" autour de moi semblent être dans de grandes souffrances...L'émotion ressentie n'a aucun équivalent. Ça valait bien trois mois de prépa et deux ongles (ce que je découvrirai après...).

Dephine, Edith et Olivier, partis en vague 3, prolongent le plaisir et finiront respectivement en 3H56 et 4H (je fais grâce à Edith de ces fameuses et couteuses 16'' sans lesquelles son bonheur aurait été total...enfin 16'' c'est quoi sur un marathon? 0.1%...n'en parlons plus!).

Mon nom en "page 2" du NY Times special edition

ÉPILOGUE: D'abord techniquement cette perf m'a "contraint" à modifier le titre du blog. Ce marathon restera comme le plus accompli ce qui m'a valu un texto du Coach "Je suis fier de toi...". So proud! Plus je vieillis et meilleures sont mes perfs. Je pense qu'il me reste encore des records et des émotions inoubliables à aller chercher. Mon corps, cet instrument incroyable que je commence enfin à comprendre et maitriser après 12 ans de pratique, m'a fait un sacré clin d’œil. 12 ans sur l'échelle d'une vie c'est pas grand chose finalement. Il m'est encore difficile de décrire ce que je peux ressentir au plus profond de ma chair. Peut-être qu'un jour mes enfants pourront vivre de pareilles sensations et pourront ressentir cette véritable "connexion" avec leur corps. Moi je vais continuer d'explorer mes limites pour éprouver ces moments de rare intensité. Le message envoyé à New-York était "Regardes, je suis vivant! et à travers moi ceux que j'aime aussi!". Maintenant que toute cette fièvre est un peu retombée, une question trotte dans ma tête : "Quel message vais-je pouvoir envoyer à Londres (22/04/2018)?". Let's take this town!        


Vous étiez dans ma tête et dans mes jambes...
Le gars de Sèvres vous salue bien!





vendredi 27 octobre 2017

la traditionnelle vraie/fausse interview à j-10!

Dans les studios de "Tout le Sport" à Meudon!
La voici enfin l'interview qui signifie "qu'on y est", que tout a été fait ou presque, qu'on a plus qu'à...Alors sans plus attendre, je vous laisse savourer les meilleurs moments de cet interview réalisée sans trop de trucages à Meudon le jeudi 26 octobre vers 20H...par nos deux correspondants sportifs de choc : Anna & Ruben!

Anna : Bonjour Silian. Tu permets que je t'appelle par ton prénom? Ça fait plus officiel...Bon alors dis-moi, dix semaines qu'on te voit partir tôt le matin, te plaindre de temps en temps, remplir tes feuilles d'exercices, charger ta montre, regarder tes séances sur l'ordinateur...bon alors, tu es prêt?

Silian : J'aimerai pouvoir dire ça. Pour une fois que je ne me blesse pas, que le plan a été suivi assez fidèlement, que les sensations étaient bonnes, que mon corps était parfaitement affuté, et bien trop facile, non? Alors j'ai fait LA CONNERIE!!

Anna : Hein? Quelle CONNERIE? (Anna me regarde éberluée)

Silian : Celle d'aller donner mon sang à moins de 15 jours d'une compétition!

Anna : Mais c'est une très belle action que de donner son sang...

Silian : Oui mais j'aurai très bien pu le faire après NY et non avant! Bilan la sortie de ce matin enregistre 10 pulsations en moyenne de plus que d'habitude. En clair, je vais avoir du mal à aller chercher le record...Tout ça pour 480 cl de sang. Que ma connerie serve au moins de leçon à d'autres. J'aurai du me renseigner avant. Comme quoi je suis encore un vrai débutant...Enfin sinon je suis assez fier de ma prépa même si elle ne servira plus à satisfaire mon objectif initial. Pour celles et ceux que ça intéresse, ils  peuvent aller voir sur Strava.com (athlète : Silian Journé).

Ruben :  Bonjour Silian...et oui gros moyens cette année, deux interviewers! Pour revenir à ce problème de sang, tu as tout de même tes jambes en pleine forme, donc tu peux faire quelque chose!

Silian : Merci mon Ruben pour tes encouragements mais avec un VO² max diminuée le transport de l'oxygène se fait beaucoup moins bien et donc les muscles supporteront moins l'effort, l'intensité et la durée. Faut juste l'accepter et attendre le moment de vérité, l'enfer du "dimanche" le 5 novembre.
Anna ne perd pas ses notes!


Ruben :  Qu'est-ce qui t'a le plus marqué lors de cette prépa?

Silian : J'aurai pu répondre mon "cardio" qui s’était franchement amélioré à la faveur du plan de Coach Rodolphe mais depuis mon don du sang, c'est plus ça du tout! Ensuite de bonnes sensations sur la conduite en course, notamment aux "20 kms de Paris" ou je ne me suis jamais senti aussi bien dans une compétition. Ça au moins je l'aurai vécu...et puis ma rencontre avec le vélo. Je pense l'intégrer sur une possible prochaine prépa.

Anna : Quoi? Tu vas encore refaire un marathon? Tu vas encore nous sortir tes crèmes à "bobos" et tes blocs de glace? Tu veux pas te calmer un peu?

Silian : Pas tant que mon corps m'encourage à continuer. Tu verras toi aussi plus tard...Et puis je peux pas arrêter les marathon sans faire "Londres" et son magnifique circuit qui finit à Buckingham sous les fenêtres de la Reine d'Angleterre. Tu seras d'ailleurs ravie de m'y accompagner, non? (Silian adresse un clin d’œil à Anna).

Ruben : Et moi aussi je serai du voyage! Question : C'est quoi ton objectif à New York?

Silian: Depuis ma grosse connerie, je dirai finir en 3H30. (Ruben semble déçu par ma réponse...)

Anna : Qu'est ce que tu redoutes le plus le jour de la course?

Silian : La chute est toujours possible, un trottoir mal négocié, une glissade à la Tex Avery...ou plus sérieusement le coup de pompe, le réservoir à sec, le rythme cardiaque qui s'emballe...

Ruben : Oui mais justement pour éviter tout ça tu prends des gels, des liquides?

Silian : la diététique de l'effort ne peut pas tout faire à ta place. la réalité du terrain peut  te réserver des surprises. Une température trop chaude, une attente avant le départ mal gérée, un jour "sans"...

Anna : Bon il va pas se plaindre l'athlète...il part 6 jours à NY courir avec 60 000 copains, il y a pire, non?

Silian : Tu as mille fois raisons ma fille mais quand on se frotte à la compétition on veut pouvoir tout maitriser quitte à être moins spontané et naïf que lors des premières fois. L'expérience mémorielle acquise lors des courses précédentes, tu ne peux pas l'effacer d'un grand trait, elle est en toi. Tu me suis?

Anna : Ouais...Bon qu'est ce que tu me ramènes de New York?

Silian : D'abord une belle médaille et puis deux trois surprises que je mettrai au fond de ma valise mais pour cela va falloir me le demander en anglais...

Anna : OK Dad, please bring me something from NY.

Silian : Sure I will.
Ruben wishs me good luck!

Ruben : Si tu devais retenir une seule image de tout ton entrainement, ce serait quoi? Et yes please Dad bring me something too...(Ruben me fait des yeux de chat).

Silian : Les deux chevreuils croisés en forêt de Meudon au levée du jour, aussi beau qu'inoubliable! Je devais être tellement léger dans ma foulée et avoir le souffle discret qu'ils ne m'ont pas vu venir. J'ai failli tomber dessus! C'était grandiose. Et Ruben, I won't forget you!



Anna: Donc en résumé une participation qui ne sera pas à "Sang %" si tu me permets le jeu de mot...
   
Silian : Tu as raison d'en rire. D'ailleurs de quoi je me plains moi avec mes deux jambes, mon cœur, mes bras et ma tête. je ferai ce que je ferai et j'ai déjà beaucoup de chance de pouvoir faire et donner le meilleur de moi-même. Cela est écrit, que cela se réalise! Et comme dirait mon amie Delphine, "c'est pas 3 globules en moins" qui vont me décourager...

En bonus, un extrait vidéo avec comme ingénieur du son, notre chatte "Vanille"...
 




mercredi 25 octobre 2017

Suivez le guide


Edition 2017 et 2010!
Ce week-end je courais ma dernière longue distance. Un 25 kms qui devait se courir à rythme lent pour moi, c'est à dire 5'10'' au kilomètre. J'avais envie d’accélérer mais Coach m'avait prévenu: Tu dois arriver frais à New York, donc pas de blagues! Alors j'ai enfilé les kilomètres à 5'10''. Arrivé au 20ème je me suis dit que 5'10'' c'était sommes toutes assez raisonnable comme rythme. En fait j'ai l'impression que je pourrai courir un marathon, sans aucune préparation, en imprimant un rythme de 5'10'' au kilomètre, ce qui ferait un bon 3H40 max à l'arrivée. Faudra que j'essaie un jour de relever ce défi un peu fou. Je m'imagine arriver dans une ville pour le week-end, tomber par hasard sur une affiche annonçant la tenue d'un marathon et me dire : Banco! Je le fais!

New-York approche à grand pas...Je serai en vague 1 (départ dès 9H50, soit environ 15H heure de Paris), en Corral "D" ce qui devrait m'assurer d'un bon départ avec des coureurs de niveau homogène...enfin espérons parce que la dernière fois j'en ai vu marcher dès le 1er kilomètre sur le Verrazano bridge! Une application type "tracking live" sera mise en ligne sur le site officiel. Grâce à elle, suivez votre coureur préféré...Dossard 12 607. 
https://www.tcsnycmarathon.org/race-day/mobile-app-and-runner-tracking


Le jour J, le programme devrait être le suivant : Petit dèj vers 04H avant de monter dans les bus à 5H.On devrait arriver au "Fort Wadsworth" vers 6H30 et là commencera l'attente... soit 3 petites heures à patienter souvent dans le froid et en statique. Malgré tout être en "Vague 1" constitue pour moi une chance car c'est toujours 1H voir 1H30 d'attente en moins que les vagues 2 et 3! L'attente du départ doit être bien gérée si on veut optimiser et conserver ses forces. L'idée consiste à bien s'équiper en surcouches de vêtements dont on se débarrasse au dernier moment. Il faut bien sûr prévoir de quoi boire mais le mieux pour attendre c'est d’être avec les copains. Le temps passe beaucoup plus vite, croyez-moi.
Que vais-je, cette fois-ci, inscrire sur mon teeshirt?


Bon je vous laisse, je dois aller régler quelques détails au sujet de ma traditionnelle vraie/fausse interview à J-10! Bonjour chez vous.



jeudi 19 octobre 2017

Courir après ses fantômes...

Excité comme s'il s'agissait de ma première participation, j'ai pris du plaisir à relire mon blog et les articles déposés avant et après novembre 2010 lors de ma première participation (voir sur ce blog). Certains m'ont arraché un bon sourire, d'autres m'ont profondément ému. J'ai bien fait de consigner tout ça car rien qu'en me relisant je ressens les mêmes émotions et mon corps retrouve un état émotionnel qu'il est tout à fait délicieux de ressentir à nouveau. "If I can make it here, I will make it anywhere" comme le disait mon message inscrit sur mon tee shirt un certain 8 novembre 2010. L'histoire a voulu, en effet, que je le fasse ailleurs...


Un septennat (oui je sais! on est passé au quinquennat mais je reste attaché à la formule voir à l'époque...) plus tard, j'ai acquis de l'expérience, couru plusieurs centaines de bornes et me suis aligné dans quelques compétitions. Bref, on pourrait dire que j'ai mérité un ou deux gallons de plus sur mon uniforme de marathonien. Donc je stocke (voir surstocke) de la confiance jusqu'au jour ou le facteur dépose dans ma boite aux lettres un courrier estampillé "Thomas Cook Marathon". Je me précipite naturellement sur l'enveloppe, l'ouvre nerveusement et j'y découvre un petit guide destiné aux coureurs du "NYC marathon 2017". La lecture de ce guide me fait déjà un peu voyager, je me vois arriver dans Manhattan bagages sous le bras et chaussures aux pieds. J'imagine notre temps de "loisirs" avant la compétition à base de visites (Liberty Tower, ONU), de décrassage dans Central Park et la course de l'ONU, de spectacles hauts en couleurs (Match NBA au Madison Square, Comedy à Broadway) et enfin  je visualise notre départ au Verrazano Bridge avec en musique de fond "New York New York". Et à cet instant précis, mon "stock" de confiance chute brutalement...j'ai les jambes dans du coton. Et si la pression du record était en train de me gagner? Car soyons clairs, je veux faire tomber mon record!
 
En "ghost mode". Cela fait référence au fait que je vais recourir dans mes propres traces ou dans celle de mes ainés. C'est un peu comme si j'avais devant moi ou à mes côtés mes propres fantômes des éditions passées (2010 et 2014) ou celui de Jean-François qui me servira de lièvre (voir de guépard, avec son 3H20 gun time en 1982 s'il vous plait!). Je ne dois pas trop m'éparpiller et respecter mon plan jusqu'à Central Park. Seule mon allure permettra de me dire si j'ai de l'avance sur mes fantômes. Une fois atteint, je pourrai me laisser griser et envoyer ce qu'il me restera (ou pas) sous les pieds. Je sais au fond de moi que je n'ai jamais été aussi bien préparé et que sauf accident nucléaire, mon propre record devrait tomber mais l’excès de confiance fait faire de belles conneries aussi, alors "moderato".

Ces moments à environ deux semaines sont énormes! A vrai dire, c'est presque ce que je préfère. L'entrainement touche à sa fin, l'intensité diminue et l'on se projette déjà dans l'événement. C'est totalement électrisant, croyez-moi. La course prend le dessus et occupe presque à temps complet votre cerveau quand vous ne courez pas. Vous appartenez déjà, votre esprit du moins, au "Mythic", "Monumental", "Great", "Fantastic" Marathon et ses légions de coureurs américains et surtout étrangers.

Pour autant, je n'en oublie pas moins les "damaged people", dont certains très proches, occupent aussi pas mal mes pensées en ce moment... A chaque sortie, je pense à eux. J'aimerai qu'ils aillent mieux, qu'ils retrouvent leur cadre normal et une douceur de vie méritée. Quelquefois j'aimerai aussi qu'ils puissent être présents à mes entrainements. Alors je fais un peu comme s'ils étaient là, j’accélère le rythme, j'allonge la foulée, je cours sans ménagement et je m'adresse secrètement à eux : "  t'as vu? moins de 3' aux 800 mètres, pas mal, non?". Ils sont un peu mon carburant et serons bien sûr dans mes jambes et dans ma tête à NY.









lundi 16 octobre 2017

Se régler aux "Fedies"


"C'est haut c'est haut New York USA...", Cathédrale Ste Cécile d'ALBI aussi!
 J-20!  Si proche du but, maitriser l'allure "fondamentale" est quasi vital si on veut espérer construire une vraie performance. Pour préciser les choses il s'agit de l'allure  qu'on va être capable de tenir pendant au moins 25 voir 30 bornes sans décliner, sans ralentir et sans être dans le "rouge", c'est à dire à une fréquence cardiaque acceptable. Pour ma part, j'ai décidé de régler mon "moteur" à un régime de 4'40'' au kilomètre pour un cardio avoisinant les 140/145 pulsations minute, ni plus ni moins! Ce que je m'efforce de faire depuis maintenant 8 semaines, c'est d'apprivoiser cette allure fondamentale.

Samedi matin dernier, jolie ballade et repérage d'un beau ruban bitumé près de Gaillac (Tarn). Conditions de rêve, quoi qu'un peu chaudes, à proximité immédiate de mes bien aimés Broquet. La boucle fait un peu plus de 5kms, plat de chez plat, quelques généreuses courbes plus que des virages, 100% asphalte, bref un vrai circuit de "Formule Marathon".  

Dimanche matin, 9H30, je lance mon moteur à "2 pattes" pour 5 belles boucles. 2H plus tard (25 kilomètres), le verdict tombe : mon moteur est correctement réglé. Les tours s'empilent à 4'39", 4'40", 4'41", les horlogers suisses apprécieront...mes carbus sont ajustés! Reste à refaire la même chose à New York sur une plus longue distance, avec les ponts, la foule et les odeurs de hot-dog en plus.

Aux "Fédies" l'allure tu trouveras! Le soleil et l'amour des Broquet aussi!

 










Je quitte à regret les Broquet mais j'emporte avec moi ces bienfaits invisibles : confiance et maitrise. Bref une belle monnaie d'échange à faire valoir à NY contre le plus beau métal et chrono qui soit!

 

mardi 10 octobre 2017

Tout sur le 7!

Shirt OK!
Voilà presque deux mois que je me prépare pour le marathon de New York. Je vis un entrainement plutôt intense concocté par mon ami "Coach Rodolphe" et le moins que je puisse dire c'est que je ne me suis jamais senti aussi bien, aussi facile et aussi rapide...Je me sens enfin au niveau de ma VMA (valeur 17). Je ressens comme une paix intérieure. Oubliés les bobos, mon corps me surprend encore! Je viens d'écraser de deux minutes mon temps aux "20 kilomètres de Paris" en 2012. Cinq ans plus tard, je continue donc de progresser. Ou se situe la limite de mes progrès? Quand vais-je voir mes performances décliner? Mon cardio n'a jamais été aussi bon mais je ne dirai pas la même chose de mes muscles. J'en arrive à la conclusion que désormais je vais composer avec le trio suivant : cardio, corps et psycho. Chacun joue un tiers du boulot final? Pas facile de répondre.

Mon poids fait souvent l'objet de commentaires. On me reproche d'avoir trop perdu sans comprendre que le poids est précisément l'ennemi N°1 du marathonien. J'ai peu de contrôle sur mon poids car la répétition des entrainements associé à une hygiène de vie que je qualifierai de "correcte" me tire vers le bas, c'est inévitable...(parlons chiffres : 83kgs en avril, 76 à cette heure). Je ressens enfin la véritable sensation que d’être "affuté".

Je me mets à rêver de chronos que je qualifiais il y a peu d'inatteignable. Je me précipite sur mes temps en marathon et je décortique mes temps au kilomètres pour essayer d'évaluer mes chances compte tenu de ma forme actuelle. Et là je pédale à rebours et réalise que la perf est loin d’être acquise. Le marathon est une discipline totalement métrique dont le succès réside dans la maitrise parfaite du rythme, la connaissance et l'écoute de soi. Cette maitrise est le fruit de centaines d'heures d'entrainements qui aboutissent pour moi en ce moment à la question suivante: puis-je tenir 42 bornes à 4'40'' du kilomètre? "Le diable est dans les détails" et il me reste encore un mois pile pour en régler certains (hydratation, ravitos, alimentation, pdj du matin...). Je suis content de me savoir en appart hôtel avec mes amis à NY. Nous allons pouvoir nous préparer ce que l'on veut à l'heure ou on le veut, priceless! Je mesure pleinement la chance et le privilège que j'ai de pouvoir vivre cette passion et de la vivre au cœur d'événements aussi dingues que celui de New York (avant Londres, hé hé...c'est officiel en avril 2018!!). Je suis attiré par cette foule qui gronde, ces regards inquiets avant une course dans les yeux de ceux qui doutent, ceux qui ont "sauté" une séance, ceux qui ont escamoté l'entrainement, ceux qui de toutes façons n'ont jamais totalement confiance en eux et ceux là mêmes baissent le regard quand ils croisent le camp des "forts" qui vont montrer, eux, qu'ils n'en ont sous le capot, qu'ils ne sont pas là pour rigoler, qu'ils sont "faciles" dans l'effort avec le chrono au bout, qu'ils n'en feront qu'une bouchée...J'aime ressentir cette tension avant une course. J'apprécie ce "théâtre d'intentions" dont les affiches prometteuses réserve parfois des "passages à vide", des "jours sans", des "pas de chance" et plus grave des "qu'est ce que je fous là"?

Quand je dis que je retourne courir le "Fabulous Marathon" de New York, on me dit souvent : "mais tu l'as déjà fait...". Oui, c'est un peu comme le ski, on y pas souvent mais on adore y retourner, pas vrai? Le marathon c'est un peu pareil sauf qu'il y une bonne phase de préparation en amont. Pourquoi ne pas refaire ce qu'on aime tant qu'on peut? Bien sûr, la "première" est particulière. Je me souviens d'une émotion très particulière un jour d'octobre 2010 quand j'ai reçu par la Poste ma tenue complète estampillée "FRANCE Marathon" expédiée par Thomas Cook. Je touchais enfin un peu mon rêve : j'avais l'habit, un peu les jambes et le mental au beau fixe! Il faisait très beau ce jour là. Malgré une température assez clémente, je revêtis le beau sweat-shirt "France Marathon" et j'allais faire un tour de quartier histoire de montrer à mon quartier que je m'apprêtais à "en être", à faire partie de celles et ceux qui vont au bout. Je crois que j'aurai pu courir un marathon ce jour là.
    
New York sera mon septième marathon. Je me verrai bien taper mon propre record (3H26  BERLIN). Je vais tout faire pour, croyez-moi. Alors tout sur le 7!